Les perles de la lumière des secrets : LXIV

ascension_du_pole_peinture_abstraite

Connais-tu la lance du bonheur ?
Celle qu’on éprouve à l’extrémité du cœur,
Elle se révèle au crucial instant où tout vient à se taire…
Comme la gazelle et le lion se rencontrent au lieu-dit de la vallée de l’eau
Tandis que la crainte et la faim s’endorment dans le lit de la profonde paix …
C’est alors qu’Ibrahim à lui rappelle les membres dispersés des oiseaux mutilés
Et que scellant sa main, Suleyman enchaîne les quatre vents mugissants…

Sais-tu que la lance du bonheur est une fine aiguille ?
Vois comme elle marie les pans de ta robe d’un fil si ténu
qu’il te semble que le tailleur en a effacé les coutures
et qu’il tissa ton vêtement d’un seul écheveau de laine pure…
Il n’est que ton regard qui te trompe ou te dit vrai…
A gauche et au dehors, tout se disperse et se fuit,
A droite et au dedans, tout se rassemble et s’unifie.

Il est une lueur que je nomme lance du bonheur,
Allusive clarté qui te guide vers un océan sans fin d’étoiles.
Retourne-toi en ton alcôve intime et cordiale, ouvre les yeux et contemple !
Fulgurance de l’illumination, douceur et tendresse de la nitescence
Lorsque sur ta poitrine amoureuse s’incline la Présence,
Que soudain s’embrase ton âme et ton corps assoiffés
Et que s’empare de tout ton être l’universelle sarabande !

Dis : “mon cœur est devenu le trône de celui qui me guide.”

New stars shed light on the past

Les perles de la lumière des secrets : LXIII

 

لاَ إِكْرَاهَ فِي الدِّينِ قَدْ تَبَيَّنَ الرُّشْدُ مِنْ الغَيِّ فَمَنْ يَكْفُرْ بِالطَّاغُوتِ وَيُؤْمِنْ بِاللَّهِ فَقَدْ اسْتَمْسَكَ بِالْعُرْوَةِ الْوُثْقَى لاَ انفِصَامَ لَهَا وَاللَّهُ سَمِيعٌ عَلِيمٌ

Par instant, la main semble révéler son secret…

Sur le tapis du souvenir, tu t’es assis en silence,
Le regard du dedans contemple le visage de l’Aimé…
La main lève son index et tu saisis le nombre un !
Mais il faut entendre là comme un message occulté dans l’unité dévoilée !
Ma religion ne connaît pas la contrainte !
Tu peux te couvrir de la kippa, te vêtir de la bure ou conserver ton burnous !
À ta guise !
Index dressé, voilà l’alif de la Vérité sans vêtement !

Ton index se courbe afin de joindre l’extrémité de ton pouce…
Ici, le ciel rejoint la terre, alīf s’unit à sa suivante bā,
Sa transcendance pénètre mon immanence
Et de cette union, arrive au jour un nūn solaire…
Mon unité jamais ne fut et ne sera abolie par la naissance du nombre deux !
Car toujours ma Vérité se sépare des ombres de l’erreur !

Index et pouce unis dessinent une main bénissante et miséricordieuse !
Comprends aussi la parole scellée de nūn :
« Je suis la terre unie au ciel et ma nukta est ton soleil ! »

À nouveau, se dresse l’index qui soudain tournoie comme un derviche !
Voici la phase séparative qui ne peut être évitée !
Les cendres de l’illusions sont précipitées dans les bas-fonds
Tandis que les lumières du culte pûr se condensent et te subliment !
Ma Foi se parachève dans l’adoration du serviteur fidèle
Et je suis son ouïe, sa vue, son parfum, son goût et son toucher
Et ma miséricorde l’enveloppe, le couvre et le soutient…

Et Je lui dis : « Tu as saisi l’anse la plus solide ! »

Car Il a doté ta main des cinq piliers de la Science…
Et sa Science s’étend à toute chose connue ou inconnue !

64096C5A-2873-448B-9D6A-11D16A2C32D9

Les perles de la lumière des secrets : LXII

A033D605-2FFE-4692-83AA-06C1A2DA27E9
Ô mon Maître ! Ô ma Vallée de Touwa !
Lorsque tu m’ouvres la porte de Ton alcôve,
J’abandonne sur le seuil de Ta présence
La sandale de ce monde et celle de l’autre monde,
Je m’assois sur le tapis de Ton intimité,
Et je contemple l’immense Sinaï de Ton cœur,
Puis, levant les yeux au Ciel de Ta splendeur,
Je vois les torrents qui dévalent, grossis par l’abondance des pluies,
Je saisis alors la corde de la voie sans contrainte,
Mon cœur dépose sur ma langue la preuve du témoignage
Et j’entre dans le tourbillon de la psalmodie des mondes !
Ô Vallée de Touwa ! Ô Jamal !
Tapis du souvenir incessant !
Je dresse sur Ton herbe grasse
Les tentes du repos des âmes et de la restauration des corps,
J’appelle auprès de moi mon épouse et ma fille,
En la présence de mes pères et de mes mères,
J’invite mes frères et mes sœurs à nous rejoindre,
Leurs épouses et leurs enfants et ceux qui nous sont liés par le sang,
Et je vois descendre à nous, nos parents disparus…
Ta Proximité est plus proche que ma proximité !
Pas de distance, Ton visage se nomme Jamal !
Je te vois dans son regard et sa main qui frôle ma poitrine
Est Ta main qui caresse mon cœur !
Ton Unité est la source de notre union
Et le vase de l’union de tous en une seule âme !
Car la diversité des êtres ne me voile pas de l’Unique !
Leurs beautés me subjuguent et me guident
Vers le jaillissement ineffable de Ton unicité !

Les perles de la lumière des secrets : LXI

7D529D8F-5A5D-42C0-AB74-0C6628B0C2FE

Sa Parole incréée s’écoule, immobile, dans l’oreille cordiale de celui qui écoute,
Oreille de la gauche qui naturellement se tourne vers l’au-delà du voile.

Le flot continu et immuablement changeant de Sa Parole infinie qui demeure en son origine à jamais
Inonde les méandres assoiffés de nouvelles et de signes de son intellect discursif,

Alors, la Parole synthétique s’égrène en perles de mots et parures de phrases
Et devient chapelet sonore pour les assemblées du souvenir
Et savoir discriminant pour les hommes et Lumière pour ce monde…

La langue de celui qui récite devient la voix de Celui qui parle la langue du silence éternel
Et ceux qui entendent ce chant primordial se meurent et se ravivent au rythme de son souffle.

Puis, la Cantilène sacrée creuse son lit et trouve son chemin
Jusqu’à cette alcôve cachée au tréfonds des poitrines abrasées…

…Par le granit du souvenir intense et des nuits sans sommeil…
Et jusqu’aux cœurs élus qui abritent et dissimulent aux regards indiscrets
L’amande de leur intellect intuitif…

Alors, Cette Parole parvenue au jour s’en retourne au secret…
Gemme précieuse confinée en une arche préservée des vagues et des embruns…

Émeraude, rubis ou diamant… Émeraude dans les cœurs mosaïques,
Rubis dans les cœurs des cheminants christiques,
Diamant dans les cœurs de ceux qui ont vêtu le manteau du Flambeau des Envoyés.

25E7E71F-0FC4-4C80-B795-524D22A3DB7F

 

Les perles de la lumière des secrets : LX

EE7EF8CE-25AD-4FD2-A123-08D51867DE68

Si tu avais vu le feu qui parle au milieu du buisson
Lorsque tu déposes tes deux sandales devant le tapis de la rectitude,
Si tu avais ressenti la pluie qui se déverse sur ton corps, ton âme et ton cœur
Quand tu t’inclines sur le tapis de la conversation intime,
Si tu avais connu le feu qui rafraîchit en retenant sa flamme
Dès que tu entres dans le four alchimique de la prosternation,

Alors, tu ne souhaiterais d’autre séjour que cette maison de prière
Dont chaque pilier garde vivant le souvenir
Des amis qui s’y sont adossés dans contemplation de l’Unique !

Les amis ont laissé derrière eux l’ici-bas comme l’au-delà,
Ils ne craignent pas l’enfer et méprisent le paradis !
Leurs bras n’agissent que par Sa Volonté.
Leurs regards sont enchaînés à Son Regard,
Leurs oreilles n’entendent que Sa parole,
Leurs langues ne connaissent que Sa louange,
Leurs cœurs sont suspendus entre Sa Terre et Son Ciel…

…Tandis que les fils de l’ignorance
S’imaginent agir sur ce monde
Ou bien croient préserver cette terre.

S’ils savaient que le moine en son ermitage,
Que le maître et sa cohorte de disciples
Sont les seuls piliers de ce monde et de l’autre…

Mais ils ont oublié que ces indigents qu’ils délaissent
Sont la source même de leur subsistance,
Il ne savent pas que leur existence
Ne tient qu’au fil du chapelet de leurs invocations.

Les uns reçoivent Lumière sur Lumière,
Les autres ténèbres sur ténèbres !
Les uns séparent la Vérité de l’erreur,
Les autres sont confondus dans leur propre confusion !

Aussi les fils de la Science de chez Nous
Préservent-leurs talons de la poussière des chemins de traverse
En suivant les pas de Celui qui leur fut envoyé
Pour leur enseigner la Voie de la rectitude et de l’ascension lumineuse.